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Juil 22 2014

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Faire Rome en 90 minutes

11Rome ne s’est pas faite en un jour, c’est bien connu. Mais avec Praetor, c’est possible en 90 minutes, ou pas loin.Vous l’aurez compris, dans ce jeu, il s’agit de construire une ville. A l’époque romaine pour d’obscures raisons de thématique, laquelle n’a jamais trop été le fort des jeux de gestion de cubes en bois et de placement d’ouvriers.

« En jouant à Praetor, vous endossez le rôle d’un ingénieur romain, collaborant avec vos pairs à l’édification d’une grande cité. Vous construirez des amphithéâtres pour divertir la population et des temples pour honorer les dieux. Mais les ressources sont limitées ; il faut les gérer avec sagesse et établir de nouvelles sources d’approvisionnement. »

Voici ce que dit la description officielle des Editions Sans Détour au sujet de ce jeu. Dire que vous vous sentirez l’âme d’un ingénieur romain est peut-être aller au-delà de la réalité. Mais vous vous sentirez certainement l’âme d’un gestionnaire.

Praetor n’est pas sans rappeler Caylus. On y achète des tuiles pour construire une cité, on contribue à la construction d’une fortification, on place des ouvriers sur les tuiles pour produire, on rémunère le propriétaire de la tuile. Il y a bien des similitudes.

Mais il y a une différence, et de taille. Elle donne toute sa saveur au jeu: le vieillissement. Le principe n’est certes pas inconnu. Il a déjà été utilisé, avec bonheur, dans Im Schatten des Kaisers ou Village (Descendance). Et ici il donne un vrai relief à ce jeu.

Le principe du jeu est plutôt simple. A son tour, chaque joueur peut effectuer une seule action: acheter une tuile, activer une tuile ou passer. Acheter ou activer certaines tuiles feront vieillir les ouvriers utilisés pour l’action. Lorsque tous les joueurs ont passé, les ouvriers, représentés par des dés, vieillissent d’un cran. Arrivé à 6, ils sont pensionnés, et donc ne travaillent plus beaucoup.

L’astuce est que plus un ouvrier est âgé, plus il produit. Placé par exemple sur une tuile de production de cubes gris, un ouvrier novice (1 sur le dé) produit 1 cube là où un ouvrier expérimenté (5 sur le dé) produira 5 cubes. La gestion d’un vieillissement harmonieux de sa population d’ouvriers devient primordiale car il est plus difficile de faire travailler un ouvrier retraité, lequel en revanche permet de faire 6 fois l’action d’une tuile (puisqu’un ouvrier est retraité dès que le dé le représentant est tourné sur 6).

Même si Praetor a de nombreuses similitudes avec ses homologues ludiques de placement d’ouvrier, la simple règle de vieillissement donne une sorte de coup de neuf à un système éprouvé. Et comme pour le reste le jeu est assez dépouillé, il en devient séduisant.

Un reproche, marginal, concerne le placement des tuiles qui donne des points selon le nombre de coin correspondant aux tuiles voisines. L’intérêt de cette règle m’a semblé très secondaire. L’effet de la tuile va toujours être prioritaire par rapport aux quelques points que son placement rapporte. Mais ce détail n’enlève rien à l’impression très positive laissée par ce jeu dès la première partie.

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