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Jan 12 2015

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Minimalisme gonflé

53La colonisation des Indes, vaste thème. Combien de jeux s’y sont attachés? Goa, Batavia, Indonesia, Naar de Oost, Navegador, Golden Age et j’en passe. Mais jusqu’ici, aucun n’a présenté aussi peu de matériel que ce « En route vers les Indes »: une trentaine de cartes et une cinquantaine de cubes en bois. Il n’en faut pas plus pour interpeller. Peut-on faire un vrai jeu avec aussi peu?

Il y a eu des précédents qui mont incité à considérer ce jeu avec bienveillance avant la première partie. Souvenons-nous de OltreMare, archétype de ces jeux minimalistes qui se veulent grand par la qualité. C’était une réussite. Et plus près de nous, il y eut récemment « Huit minutes pour un Empire » ou encore « Tiny Epic Kingdom ». Alors l’a priori était plutôt positif.

Mais en voyant le jeu s’installer sur la table, j’ai tout de même été envahi par le doute. L’explication des règles n’a pas eu l’heur de faire battre en retraite mes appréhensions, bien au contraire. Songez donc que vos cubes vont servir à la fois de compteur d’argent, de compteur de points de victoire, de navire, de marchand et de marqueur de propriété, voilà qui fait beaucoup pour si peu de cube.

Autant dire que le démarrage de la partie fut un peu laborieux, hésitant. Que faire, comment le faire et dans quel ordre le faire, sachant que vous n’avez que deux actions par tour. Et le jeu est riche: découverte, commerce, achat de bâtiments, acquisition de technologie, il y a de quoi faire. Vu le titre du jeu, force est de commencer par naviguer et commercer.

Les actions sont, en soi, très simple. Vous pouvez naviguer. Les navires (cubes) qui se trouvent en mer ou à Lisbonne peuvent se déplacer d’un nombre de cartes égal à votre capacité de navigation, notifiée par un cube sur votre plateau de jeu (une carte en fait). Une fois parvenu devant une carte (une colonie potentielle), le cube représentant votre navire peut se transformer en cube marchand et investir un des comptoir de la carte. Le cube peut aussi devenir marqueur de propriété si vous achetez l’un des deux bâtiments de la carte.

Vous pouvez commercer. Il suffit de retirer des comptoirs les cubes qui s’y trouvent et vous encaissez de l’argent. Les cubes retirés des comptoirs reviennent à Lisbonne. Le cube marqueur de fortune avance du gain sur votre plateau de jeu. le cas échéant vous marquez des points de victoire en déplaçant un cube sur votre échelle de points de victoire. Tous ces cubes étant naturellement pris à Lisbonne, pour autant qu’il y en ait encore. S’il n’y en a plus? Vous serez simplement privé de votre dû.

D’où une autre action, particulièrement critique. L’achat de nouveaux cubes à mettre à Lisbonne pour éviter de se retrouver à cours de marqueur, navire, marchand etc… Sans oublier que vous pouvez aussi acquérir des technologie, où il vous faut poser un cube afin d’indiquer que vous la maîtrisez.

Vous l’aurez compris, tout est question de cube. Dire que le jeu est déroutant est un euphémisme. Les premiers tours peuvent ressembler à une vraie torture intellectuelle. Une fois le rythme pris, le jeu devient plus fluide et avance assez rapidement. Finalement, la durée indiquée est 30 à 45 minutes est respectée. Quant à savoir si ce jeu a un réel avenir, il est difficile de le prédire. Car on peut y être allergique ou alors accro. Pour ma part, j’hésite encore. Une chose est sûre, je n’ai pas détesté.


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