Le fléau de Dieu

Là je fais appel à votre mémoire. C’était en 2008. Une sorte d’ovni ludique a débarqué sur le marché, bousculant des habitudes bien établie. Exit la pose d’ouvriers, la production de matières à transformer. Pandemic a semé le trouble, ouvrant une voie royale à tous les jeux de coopération. Non qu’il n’en existait pas jusque-là. Mais la coopération se limitait le plus souvent à mettre en commun des objets que chacun avait individuellement obtenu ou alors à cumuler les forces de plusieurs personnages.

Avec Pandemic, il a fallu penser le jeu autrement. Unir ses forces oui, mais chaque personnage devait aussi être utilisé à bon escient, chacun ayant un pouvoir précis qu’il s’agissait de ne pas galvauder sous peine de perdre la partie. En gros, il faut tout à la fois agir seul mais en connivence avec les autres et avec leur appui. Perdre le moins d’énergie possible en étant le plus efficace.

De la bombe

Après cette bombe, il était difficile d’imaginer mieux. De nombreux jeux de coopération ont suivi. Mais à chaque fois Pandemic a servi de référence. Et en 2015, nouveau coup de tonnerre. Le même auteur nous gratifie d’un Pandemic, en version legacy. Bon, vous avouerez qu’il y avait de quoi être sceptique. Legacy, c’est donc un scénario évolutif sur les mêmes règles. Mais n’avait-on pas fait le tour avec Pandemic ?

Par curiosité, le club en fit l’acquisition. Aussitôt acheté, aussitôt joué. Nous apprenons donc que le je ne se joue qu’une seule et unique fois et qu’il faudra au moins 12 parties pour en arriver au bout. Sueurs froides, 12 parties de Pandemic, mais, mais, mais, on risque de s’ennuyer ferme après quelques parties. Qui ne risque rien n’a rien, nous embarquons donc dans l’aventure.

La même chose en mieux

Comme prévu, la première partie, le mois de janvier, est très similaire à une partie standard de Pandemic. Les règles sont identiques et la partie se déroule donc sans anicroche. Nous remportons haut-la-main cette première partie au bout de laquelle nous attend une première surprise. De nouveaux éléments font leur apparition pour la deuxième partie, celle du mois de février. Quelques ajouts de règles, des améliorations pour les personnages ou globales. La classe ! se dit-on de suite.

A la deuxième partie, les objectifs sont cependant un peu plus difficiles à remplir. Il y en a un de plus, il faut courir plusieurs lièvres à la fois. Et puis dès le mois de pars, les coups de théâtre s’enchaînent. C’était difficile de croire qu’il était possible de faire mieux que Pandemic. Eh bien c’est fait. Pandemic Legacy tient en haleine son public d’un bout à l’autre. Et réussit le tour de force de ne pas rallonger les parties.

L’enthousiasme qui s’est manifesté dès la première partie n’est pas retombé, même s’il a fallu passer par des défaites pour parvenir au bout de l’année avec environ 18 parties pour réussir les 12 mois. Et au final, nous en avons redemandé. Par chance, ce Pandemic Legacy était estampillé « saison 1 ». Donc une saison 2 était à prévoir, et à attendre.

De mieux en mieux

Dès sa sortie, ce fut le rush sur la boîte. Avec, il faut bien l’avouer, une petite appréhension. L’auteur allait-il réussir le tour de force de nous capter de la même manière que pour la saison 1 ? Il n’a pas fallu très longtemps pour se rendre compte que nous vivrons une aventure inédite. Car dans cette saison 2, les règles changent un peu. Il ne s’agit plus vraiment d’éradiquer un virus, bien établi lors de la saison 1, mais d’apporter des vaccins aux survivants. En fait, on joue un peu à l’envers, on ne doit plus retirer des cubes, mais en placer.

La différence est mineure. Et pourtant elle donne au jeu une dimension insoupçonnée. Première surprise, le plateau de jeu. Il est vide, ou peu s’en faut. Alors forcément, au début tout semble facile. Et les choses vont se compliquer au fur et à mesure que l’on découvre l’étendue du désastre. Avec au programme les même coups de théâtre et rebondissement que dans la saison 1.

Franchement, ce jeu se bonifie à chaque nouvel opus. Je ne sais pas si une saison 3 est au programme. Mais franchement, si elle sort je suis preneur, les yeux fermés. Même si je me demande comment l’auteur fera pour nous surprendre une fois de plus. Alors oui, on ne peut y jouer qu’une seule fois, car on colle une multitude d’éléments sur le plateau de jeu, sur les cartes, dans les règles. Et on déchire allègrement certaines cartes. Mais franchement quel pied. Existe-t-il beaucoup d’autres jeux auxquels vous avez joué à 15 ou 20 reprises ?

Pandemic Legacy est un jeu de Matt Leacock et Rob Daviau édité en français par Filosofia et Z-Man Games, pour 2 à 4 joueurs, durée de la partie environ 45 minutes, explication des règles environ 15 minutes.



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