La baffe!

Eh ! ben les amis, quelle baffe ! Ludique s’entend. Oui, ce jeu m’a vraiment pris par surprise. A écouter l’explication des règles, je m’attendais à une énième variation sur le thème de la pose d’ouvrier, très bonne certes, l’auteur nous en avait donné un avant-goût avec Pillards de la Mer du Nord, mais en restant tout de même dans une sorte de classicisme de bon aloi. Ici, l’interprétation de la pose d’ouvriers est d’un tout autre tonneau.

A l’ouverture de la boîte, tout semble très normal. Un plateau de jeu de bonne dimension. Celles et ceux qui ont eu le plaisir de pratiquer les Pillards de la Mer du Nord remarqueront une certaine ressemblance. Un petit plateau individuel pour chaque joueur, des pions en bois tout ce qu’il y a de plus standard, des cartes. Bref, on est en terrain connu, ou presque.

Poser, agir

Les règles, simples. A son tour le joueur pose un ouvrier et effectue l’action correspondant au lieu. Oui, c’est très résumé, mais l’essentiel y est. L’explication des différents lieux nécessite un peu de temps car il y en a beaucoup. Mais au fond, rien de bien inhabituel : prendre des ressources, prendre de l’argent, recruter des apprentis, construire des bâtiments, gagner de la vertu (ou en perdre), faire un tour au marché noir. Tout ceci s’apprend en quelques minutes.

On en est donc là des règles quand survient la question : comment fait-on pour récupérer des ouvriers ? Chacun en a 20 en début de partie et doit en poser un par tour. Or, une partie dure plus de 20 tours, alors quid ? Sur le moment, j’entends par là le moment de l’explication, on y prête guère attention. Car c’est tout aussi simple que le reste. Poser un ouvrier à l’Hôtel de Ville permet simplement de récupérer tous les ouvriers d’une même couleur d’un même lieu.

Les otages c’est la vie

Ah ! Voilà donc. Rien de bien compliqué. Oui, mais … de même couleur … donc aussi de couleur adverse ? Oui, exactement. Tu les prends en otage chez toi et tu pourras les livrer à la prison contre espèces sonnantes et trébuchantes ! Et voici donc que le jeu prend une autre dimension. Surtout que plus tu as de pions en un lieu, plus du peux effectuer l’action. Et bien sûr, tu peux poser un pion à la prison pour récupérer tes ouvriers.

Dit ainsi, ça semble un peu négligeable. En termes de jeu en revanche, l’effet est tout à fait impressionnant. On peut réellement jouer avec ça, on doit le faire d’ailleurs. L’action de récupérer des pions, les siens ou ceux d’autres joueurs, n’est pas un simple ralentissement, il propose une réelle valeur ajoutée car soit on va disposer de davantage de pions pour la suite de la partie, soit on va vendre des prisonniers et gagner de l’argent. Parce que dans ce jeu, gagner de l’argent est souvent synonyme de perte de vertu. A la longue ça peut coûter cher en points de victoire.

Mais n’oublions pas le titre du jeu. Car au final il s’agit bien d’un jeu de construction qui mène la danse tout au long de la partie. Ce sont les constructions qui donneront l’essentiel des points de victoire. Ce sont aussi les constructions qui détermineront la fin de partie. Lorsque le nombre de constructions atteint le quadruple du nombre de joueurs, la partie se termine. Et alors là, quelle frustration. On a qu’une seule envie, y rejouer.

Architectes du royaume de l’Ouest, un jeu de Shem Phillips et S. J. Macdonald, édité en français par Pixie Games, pour 1 à 5 joueurs, durée de la partie 60 à 90 minutes, lecture des règles environ 20 minutes.



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